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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 18:40

Il est triste qu'il faille qu'une catastrophe survienne pour faire prendre conscience à nos politiques et à nos médias qu'un risque existe.


Au nom d'une très contestable nécessité économique, de dangereux choix politiques sont faits. Les exemples sont nombreux. Ainsi, la France est le troisième exportateur d’armes au monde. (3) Sous l’autorité de leurs dirigeants, les contribuables français ont été contraints de verser 35 milliards d’euros à l’entreprise d’armement Dassault. (2) Est-il raisonnable d’avoir confiance en un pays qui construit sa croissance en vendant des armes (à des dictateurs - (1) -, entre autres) ?

 
De fait, dans notre société, l’intérêt financier prime sur la justice sociale et sur les vies humaines; et, concernant certaines questions, la parole de notre gouvernement n’a aucune crédibilité.
 

L'équipe de notre très compétent président (qui était incapable, lors du débat présidentiel de 2007, de nous avancer un chiffre juste sur la production d’énergie en France - (6) -) nous annonce que nos centrales sont les plus sûres du monde et qu’il n’y a aucune alternative raisonnable au nucléaire. Ayons confiance!

 
Peu avant la catastrophe du Japon, dans la plus grande discrétion, le 1er février 2011, EDF signalait une « anomalie » dans la mesure du débit d’eau des systèmes de refroidissement de 34 réacteurs nucléaires français (4) (5). Autrement dit, comme le résume l’Association Sortir du Nucléaire : « EDF a donc laissé tourner 34 réacteurs nucléaires pendant un quart de siècle avant de s’assurer de l’efficacité du système principal de prévention de fusion du cœur nucléaire » (4), et il serait illusoire de croire que la technologie française est supérieure à celle des japonais (Fukushima) ou des américains (Three Miles Island).


N'oublions pas que "l'énergie la plus propre du monde" (Roselyne Bachelot, ex-ministre de l'environnement) a tué des centaines de milliers de personnes de façon brutale (Hiroshima, Nagasaki, explosion de Tchernobyl...) ou insidieuse (via les cancers: accident étouffé de Mayak 1957 (7), Tchernobyl, contamination de la chaîne alimentaire par les tonnes de déchets radioactifs déversés dans les Océans, Niger (8), Gabon (8), Three Miles Island, victimes des essais nucléaires dans les déserts et les Océans) et qu'il faudra attendre des centaines de milliers d'années pour que les vastes territoires irradiés (Fukushima, Tchernobyl, Mayak...) soient de nouveau viables. On est très loin des "un accident tous les 35000 ans" que les ingénieurs pro-nucléaires des années 50 nous promettaient... Outre ces accidents, subsiste le problème du stockage des déchets nucléaires qui sont loin d'être "les plus propres du monde"...

 
Utilisant l'écologisme à mauvais escient, flairant une manne financière énorme, on nous promet, à gros coups de marketing, des voitures propres: des voitures électriques, mais rappelons tout de même que l'électricité est actuellement essentiellement produite par le nucléaire, le charbon, le gaz et le pétrole. Toutes les énergies sont à consommer avec modération, et la sobriété énergétique est impérative. (9)


 Matthieu Stelvio
 
(1) http://www.rue89.com/2011/02/23/libye-la-france-a-vendu-des-armes-a-un-fou-192033
(2) http://www.lesmotsontunsens.com/dassault-et-les-chomeurs-les-histoires-d-argent-public-finissent-mal-mon-general-travail-assistes
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_de_l'armement
(4) http://lesinfosvertes.hautetfort.com/archive/2011/02/11/edf.html
(5) http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/EDF-signale-une-anomalie-dans-34-reacteurs-nucleaires-en-France/(theme)/273
(6) http://www.ressources-solidaires.org/Debat-Sarkozy-Royal-Le-nucleaire
(7) http://nucleaire-nonmerci.net/accident-nucleaire-mayak-urss.html
(8) http://nucleaire-nonmerci.net/actualite/areva-contamination-uranium.html
(9) http://www.negawatt.org/

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 18:32

En novembre 2009, des extraits d’e-mails de scientifiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ont été publiés sur internet. La publication d ces extraits, soigneusement choisis et sortis de leur contexte, visait à décrédibiliser le GIEC, principal organisme responsable de la recherche mondiale sur les changements climatiques ! Ils ont été publiés deux semaines avant le sommet de Copenhague, et ont semé un trouble laissant croire à certains dirigeants que le GIEC manquait d’objectivité et que le réchauffement climatique anthropique était un complot!

Les médias ont massivement relayé l’information, et c’est ainsi qu’est né l’affaire du « Climategate ». La semaine précédant le sommet de Copenhague, en tapant « Climategate » sur Google, le moteur de recherche sortait des millions de pages ! (source : lien )

Après le sommet de Copenhague, en avril 2010, une enquête du parlement britannique blanchit le GIEC !

En juillet 2010, une commission d’enquête indépendante a affirmé que la rigueur et l’honnêteté des scientifiques mis en causes dans l’affaire du Climategate ne peuvent être mises en doute, et que le Climategate était un faux scandale !

De toute évidence, ce scandale, qui a fait beaucoup plus de bruit à l’étranger qu’en France et qui a éclaté courant novembre 2009, visait à faire échouer le sommet de Copenhague qui s’est déroulé deux semaines plus tard.

 

Plus d’infos : lien

 

De nombreux médias se sont emparés d’une erreur dans le rapport du GIEC sur la date de la disparition des glaciers de l’Himalaya. Très vite corrigée par le GIEC, cette erreur de trois caractères faisait partie d’un rapport de 900 pages (Trouvez donc des rapports de 900 pages sans erreur! Et sachez, à propos d’erreurs, que Claude Allègre, qui gagne des milles et des cents en vendant ses livres, en plus de multiplier les erreurs, va jusqu’à falsifier « monstrueusement » des courbes ! lien ).

 

Y a-t-il des pressions derrière tous ces faux scandales?

 

En avril 2010, un rapport de Greenpeace a révélé qu’une société pétrolière a versé plus de 80 millions de dollars à des groupes contestant le changement climatique. lien

En juillet 2010, le Times a révélé qu’une compagnie pétrolière a aidé à financer des organisations luttant contre les projets de limitation des gaz à effet de serre ! lien

En octobre 2010, le Climate Action Network Europe a publié un rapport révélant que des sociétés françaises ont financé, à hauteur de 306000 dollars, des sénateurs américains niant le changement climatique. lien

 

Certains diront que c'est trop facile d'accuser les scientifiques climato-sceptiques d'être financés par le lobby du pétrole (MAIS preuve est faite qu'au moins certains le sont!).

Les scientifiques "climato-sceptiques" ( = ceux doutant de l'origine humaine du réchauffement climatique) sont très minoritaires; et il serait illusoire de croire que la très grande majorité de scientifiques (qui affirme que l'origine du réchauffement est humaine) soit financée par un "lobby écologiste », car la puissance économique des écologistes (qui prônent souvent la décroissance) est dérisoire à côté de celle des pétroliers! Est-il nécessaire de comparer le chiffre d'affaire de Greenpeace à celui de l'union des groupes pétroliers pour vous en convaincre?

 

Inquiétons-nous du rapprochement du monde de l’entreprise et du monde du savoir; et faisons en sorte que ce ne soit pas l’argent qui nous dicte la vérité!

 

Matthieu Stelvio

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Published by Matthieu Stelvio - dans Ressources et énergies
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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 18:31

En préambule, rappelons simplement que, comme le pétrole, le gaz de schiste est une source d’énergie fossile dont la combustion rejette du dioxyde de carbone et contribue au réchauffement climatique.

 

Fin 2010, le ministre de l'Environnement avait autorisé la fracturation hydraulique sur 10% du territoire français. Face aux courageuses contestations des riverains des gisements d’exploitation, le gouvernement a été contraint de suspendre provisoirement cette autorisation, le temps de réfléchir à de nouvelles méthodes d’extraction.

 

Alors qu’en ce mois de juin, les sénateurs débattent d’un projet de loi sur le sujet, « notre » ministre de l’Energie s’est dit favorable à des expérimentations sur l’exploitation des gaz de schiste affirmant que la fracturation hydraulique a « été pratiquée des dizaines de fois en France sans difficultés », tout en expliquant que le potentiel français « aujourd'hui méconnu, pourrait être d'un siècle de consommation ».

 

Des dizaines de millions d’années ont été nécessaires à la formation du pétrole que nous brûlons depuis quelques décennies. D’ici peu de temps, que ce soit dans quarante ou dans cent ans – ce qui est peu, très peu sur l’échelle de l’histoire de la Vie -, les réserves de pétrole seront à sec (on ne le répète jamais assez!). Devant cette vérité qui chaque jour devient depuis de plus en plus palpable, la Bourse s’affole.

 

La folie du gaz de schiste a commencé à la fin du vingtième siècle. Dans les bureaux des plus hauts buildings du monde, ça criait au téléphone à tout bout de champ: « Et nos milliards? Et mes millions? Creusez! La cadence baisse! Trouvez-moi mon pétrole! ». Rien à faire, c’était le début de la fin, tout le monde le savait. Tous les êtres raisonnables étant incompétents, les plus puissants groupes financiers se sont mis à embaucher les savants les plus fous pour mettre au point les plans les plus délirants. Un jour, un hurluberlu s’est écrié : «On va fracturer le sol en creusant des puits de 3000m, puis on enverra des explosifs au fond et, à l’intérieur de ces puits, on injectera à des pressions énormes de l’eau, du sable et des produits chimiques; ce qui fera jaillir des entrailles de la Terre des milliards de tonnes de combustible fossile!». Tous les spéculateurs ont crié au génie: « Le monde est sauvé, nous allons à nouveau pouvoir exploiter des gisements de billets en restant assis sur nos chaises! Fracturons les sols! Fracturons les sols!». C’est alors qu’en douce, loin des regards, des hordes de spéculateurs sont allés bombarder les sols dans les campagnes les plus reculées. Ni vu ni connu, le gaz enfermé depuis des millions d’années dans les poches de schiste a subitement jailli à la surface de la Terre. Seulement, les savants les plus fous avaient quelque peu négligé deux données: le gaz est un produit volatil, le sol est poreux. Le gaz libéré, chargé de résidus d’explosifs, a donc envahi les nappes phréatiques et suivi les cours d’eau. Et c’est ainsi que Monsieur et Madame Tout Le Monde ont eu la surprise de découvrir l’option lance-flammes de leur robinet d’eau; et qu’outre le bon petit cocktail dioxygène - diazote de l’air pur, les animaux et les êtres humains vivant à proximité des lieux d’extraction de gaz de schiste ont pu se remplir les poumons de produits cancérigènes, neurotoxiques, mortels.

 

Rien de grave. Dans un monde libéral, que sont quelques dizaines de milliers de vies à côté de centaines de milliards d’euros? Qu’est-ce que la nature à côté de centaines de milliards d’euros? Tous en chœur, les plus gros lobbies de la planète rétorquent à leurs impuissants opposants: «L’extraction des gaz de schiste n’est pas si dangereuse. Aucune étude n’a suffisamment de recul pour prouver la nocivité de la fracturation hydraulique. Nous n’avons pas de temps à perdre si nous voulons rester compétitifs. L’enjeu économique est énorme, et si nous ne faisons rien, notre pays est condamné à la faillite.». Certes, le libéralisme est condamné à la faillite, mais pas les sociétés humaines qui pourront toujours se reconstruire autrement.

 

En 1950, au moment où les premières centrales nucléaires étaient construites, on nous expliquait que l’énergie atomique était sûre et économiquement impérative. En 1990, on nous disait que les téléphones portables étaient sans danger. Vingt ans plus tard, alors que les mobiles et les antennes relais sont omniprésents, l’OMS nous déclare timidement que finalement, les portables seraient peut-être dangereux pour la santé et que le principe de précaution devrait d’être appliqué. Si vingt années sont nécessaires à l’OMS pour dévoiler un secret de Polichinelle, combien de temps faudra-t-il à nos dirigeants pour admettre que l’extraction du gaz de schiste est une catastrophe écologique et sanitaire?

 

Qu’on ne nous dise pas qu’aucune donnée scientifique ne prouve la nocivité de l’extraction des gaz de schiste. Le rapport d’André Picot, directeur de recherche honoraire du CNRS, président de l’Association Toxicologie (ATC Paris), de Joëlle et Pierre DAVID, Membres de l’ATC Paris et de Jérôme TSAKIRIS Membre de l’ATC Paris est accablant :

 

« Pour l’Agence Américaine de l’Environnement (EPA) (…), il semble parfaitement acquis que les dangers écologiques, sont bien plus considérables que les retombées économiques, pourtant très rentables pour les pétroliers et accessoirement pour les populations locales. (…) Si le gaz de schiste ou roche-mère est devenu récemment la seconde source énergétique des Etats-Unis, il serait inacceptable que la France suive cet exemple, tant le désastre écologique est probant outre-Atlantique. (…) Dans les eaux usées rejetées lors de la fracturation apparaissent de nombreux sels hydrosolubles (…). Beaucoup de ces éléments sont toxiques pour l’Homme, dont certains très toxiques. (…) Comble de difficultés, ces eaux rejetées, peuvent aussi concentrer des éléments radioactifs comme le radium 222, qu’il est pratiquement impossible d’éliminer. Tous ces risques toxiques à plus ou moins long terme, ne doivent pas faire oublier les éventuels risques d’explosions et d’incendies, liés à la présence dans l’eau de sortie de gaz en particulier du méthane extrêmement volatil et très inflammable. (…) Nous avons été très sensibles à l’étude récente du Professeur Robert Howarth de l’Université Cornell, qui estime que l’impact de l’exploration des gaz de schiste sur le réchauffement climatique pourrait dépasser de 20% celui du charbon !!»

 

« Diverses roches (…) hébergent des colonies de bactéries quasi-anaérobies, (… ) qui (…) libèrent du sulfure de dihydrogène (H2 S) gaz très toxique rencontré de temps à autre dans les gaz remontés au cours de la fracturation. Il ne faut pas oublier que ce gaz nauséabond (à l’odeur d’œuf pourri), tue plus rapidement que le monoxyde de carbone (CO), et est par ailleurs doué d’un effet anesthésiant puissant sur le nerf olfactif. Ceci pourrait expliquer certains décès dans la population vivant à proximité des exploitations, mais également certains évènements comme les « pluies d’oiseaux [morts] » constatées aux Etats-Unis. »

 

« Aux Etats-Unis, l’exemple de la Pennsylvanie est particulièrement éloquent. Si 71.000 puits sont exploités actuellement (il y en avait 36.000 en 2000), des régions entières de cet état très verdoyantes sont maintenant quasi désertiques, les nappes phréatiques étant asséchées et le sous-sol totalement pollué, avec en plus une eau de surface partiellement radioactive. »

 

Signalons qu’avec la fracturation hydraulique, nous avons une raison de plus de douter que l’enfouissement de nos déchets nucléaires à 500 mètres de profondeur pourrait ne pas être sans conséquence pour notre environnement et les générations futures.

 

Texte de Matthieu Stelvio; Pour la dernière partie: citations du rapport d’A. Picot, de J. et P. David et de J. Tsakiris.

 

Lien vers le rapport de toxicologie.

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