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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 18:37

Depuis le début de l'ère industrielle, les sociétés soi-disant développées exploitent et anéantissent la nature. D'après l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature, les espèces vivantes disparaissent cent à mille fois plus rapidement que lors des plus grands épisodes d'extinction de l'histoire terrestre. Sous l'effet de l'activité anthropique, le climat se dérègle. Ainsi, 2010, 2009, 2005, 2007, 2006, 2003, 2002 et 1998 sont les années les plus chaudes jamais enregistrées depuis 1880. - Source -

 
Localement, les désordres environnementaux se multiplient (en cause: la pollution, le réchauffement, l'appauvrissement des milieux naturels, l'exploitation abusive des sources d'eau douce...). Ces dernières décennies, on ne compte plus les lacs qui disparaissent ou se réduisent en Chine et en Afrique. L'an dernier, suite à une "canicule record" (probablement corrélée au changement climatique) , des sécheresses exceptionnelles ont mis en péril l'agriculture en Chine et en Russie. Il en a résulté une flambée du prix des matières premières agricoles. Ainsi, à Paris, le cours du blé est passé de 130 euros à 256 euros la tonne entre juin 2010 et janvier 2011 (même tendance pour le maïs, l'huile, le sucre; à noter que les biocarburants accentuent l'inflation; n'est-il pas révoltant d'en arriver à nourrir des voitures plutôt que des êtres humains?). - Source - Si l'effet de ces hausses de prix se fait peu ressentir dans les pays ayant un PIB élevé, la situation est radicalement différente pour les peuples économiquement plus fragiles.


Suite aux mauvaises récoltes, le prix du pain était au plus haut lorsque les français se sont révoltés en 1789. L'analogie avec la Tunisie est facile à faire. L'envolée des prix des aliments de base a été l'événement déclencheur de la vague révolutionnaire actuelle. Lorsqu'un peuple commence à souffrir de la faim, il sort dans les rues pour lutter contre d'insupportables injustices et exiger un partage plus équitable des richesses.

  
Au-delà de l'espoir que les révolutions actuelles suscitent, il ne faut pas oublier qu'à court ou moyen terme, l'épuisement de nombreuses ressources naturelles multipliera les famines et les désordres géopolitiques (la "guerre du pétrole" en Irak et "la guerre de l'eau" en Bolivie en témoignent).


Si les comportements ne changent pas, dans moins de quarante ans, environ la moitié de l'humanité manquera d'eau, le pétrole aura plus de valeur que l'or, et le cours des matières premières agricoles atteindra vraisemblablement des chiffres vertigineux. Inexorablement, les laissés-pour-compte seront de plus en plus nombreux à souffrir de la faim; et la violence sera, pour eux, le seul moyen de défendre leur droit à la survie.


D'après le Living Planet Report publié en 2009, par la WWF ( Source ), en ne prenant en compte que les besoins  humains (c'est-à-dire en occultant la biomasse nécessaire à la survie des espèces animales et végétales), il faudrait disposer des ressources de 5 planètes Terre pour que le mode vie nord américain actuel soit durable. D'après ce même rapport, on apprend qu'en 2006, les êtres humains surexploitaient à hauteur de 40% les ressources de la Terre. Ce chiffre grandit chaque année de façon inquiétante.

 
En somme, négliger les problématiques écologistes ne fera qu'accroître les inégalités sociales et provoquera inévitablement de tragiques conflits mondiaux.

 

La solution raisonnable et durable est de produire moins, de consommer moins et de beaucoup mieux partager. En clair, il faut sortir du capitalisme et de toute logique de compétitivité économique, et réapprendre à vivre en harmonie avec la nature sans vouloir s'en rendre maître et possesseur.


Malheureusement, les écologistes, qui vont à l'encontre du productivisme ambiant, sont trop souvent marginalisés voire même condamnés. Ainsi, la justice impose la destruction d'une modeste yourte qui ne gêne absolument personne ( Lien ) et se soucie peu des dégâts générés par la dégradation massive de la nature.

 

L'ONU tient le même discours que les partisans, si rarement pris au sérieux, de la Décroissance: pour "prospérer sereinement" (en étant plus catastrophiste, c'est-à-dire plus réaliste, il faudrait oser écrire: "pour survivre"), l'espèce humaine - du moins, son tiers le plus riche - doit impérativement restreindre son exploitation des énergies fossiles et diminuer sa consommation de viandes (C'est écrit dans ce rapport de l'ONU: Source 1 ; Source 2 ). Sans ces efforts, l'équilibre sera impossible à trouver: c'est mathématique.

Matthieu Stelvio

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Published by Matthieu Stelvio - dans Révoltes et iniquités
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